Prestations

Accident de ski à l’étranger : comment bien s'assurer ?

CONSEILS
|
Photo : iStock / Milan Markovic

Les vacances de rêve peuvent rapidement tourner au cauchemar – surtout si l’assurance ne couvre pas les frais de soins. Comparis vous livre ses conseils pour que l’accident de ski ne finisse pas en fiasco financier.

En raison du cours durablement faible de l’euro, les vacances au ski dans les pays voisins sont encore très tentantes. Cette saison, les amateurs de sports d’hiver sont nombreux à chausser leurs skis de l’autre côté des Alpes suisses. Ce à quoi l’on pense le moins (ou ne veut pas penser), c’est à l’accident de ski. Et le risque n’est pas moins important à l’étranger que sur les pistes suisses. Chaque année, près de 65 000 personnes pratiquant les sports de glisse et domiciliés en Suisse se blessent dans un accident, dont près de 8 800 à l’étranger. Dans 90 % des cas, elles sont seules responsables. 

Pour ne pas rester avec des frais de médecin, d’hôpital et de rapatriement sur les bras en cas de malheur, il est bon de se poser quelques questions sur sa couverture d’assurance.

Accident à l’étranger : qui paie ?

Situation no 1 : Si vous travaillez plus de huit heures par semaine, vous êtes automatiquement assuré en cas d’accident via votre employeur – y compris pendant votre temps libre. Cette assurance accident obligatoire rembourse les prestations dans les pays de l’UE et de l’AELE comme si vous étiez assuré sur place. Certains employeurs assurent même leurs collaborateurs au-delà de l’obligation légale. Pour éviter les cas de sous-assurance ou (avec une complémentaire) de sur-assurance, le mieux est de se renseigner sur la couverture précise fournie par son employeur.

Situation no 2 : Si vous travaillez moins de huit heures par semaine pour un même employeur, vous devez conclure une assurance accident obligatoire auprès de votre caisse maladie. Important : contrairement à l’assurance accident obligatoire contractée par l’intermédiaire de l’employeur, vous devez participer aux coûts (franchise : entre 300 et 2500 francs ; quote-part : 10 % des prestations dépassant la franchise, 700 francs au maximum par an). Attention : le Tribunal fédéral a jugé que la participation aux frais médicaux à l’étranger est applicable à la totalité des sommes engagées. En effet, le patient doit régler la participation légale aux frais dans le pays de l’UE ou de l’AELE où il reçoit les soins. 

Certains pays sont plus chers que d’autres.

Vous avez hâte de skier dans la poudreuse « Champagner Powder » des Rocheuses canadiennes ? Attention ! Hors des pays de l’UE et de l’AELE, l’assurance accident obligatoire paie tout au plus le double des frais de traitement qui auraient été facturés dans l’hôpital public suisse le plus cher. Cela semble généreux au premier abord, mais suffit à peine dans les pays où le système de santé est cher, comme aux États-Unis ou au Canada.

Prudence avec les soins privés à l’étranger

Si vous n’êtes couvert que par l’assurance maladie obligatoire (et que vous n’avez souscrit aucune assurance vacances et voyages complémentaire), les frais en cas d’accident peuvent vite exploser. Les prestations médicales privées n’étant pas remboursées, pour des raisons de coûts, vous serez limité dans le choix du médecin et de l’hôpital. Pour éviter d’autres mauvaises surprises, mieux vaut choisir un hôpital ou un médecin du service public, qui facture selon le tarif de base local. Attention : dans certaines stations de ski, trouver ce type de médecin ou d’hôpital n’est pas si simple. Les touristes atterrissent souvent, et parfois sans le savoir, dans des cliniques ou des cabinets privés, qui facturent à des tarifs supérieurs.

En cas de doute, consulter l’assurance

Il n’est pas rare qu’en cas d’accident, des hôtels envoient leurs hôtes directement à une clinique privée, sans les en avoir informés au préalable. Dans certaines stations de ski autrichiennes, les cliniques privées viennent même chercher les blessés sur les pistes avec leurs propres hélicoptères et les opèrent même lorsqu’un rapatriement vers la Suisse serait possible. Le plus souvent, les patients doivent confirmer par écrit qu’ils prennent entièrement en charge les coûts avant toute intervention médicale. Souvent, un accident est une situation suffisamment difficile et tout doit aller particulièrement vite. Il est toutefois conseillé d’appeler le numéro d’urgence de l’assureur en cas de doute. Car sans faire attention, dans le pire des cas, des frais de plusieurs dizaines de milliers de francs peuvent rester à votre charge.

Qui paie les frais de rapatriement ?

En cas d’accident particulièrement grave, le transfert du patient depuis l’étranger (rapatriement) peut être envisagé, à condition qu’il puisse être transporté. Les rapatriements par hélicoptère de sauvetage ou par avion de ligne peuvent coûter très cher. Cela dit, l’assurance-accidents obligatoire, aux termes de la loi sur l’assurance-maladie (LAMal), prend en charge la moitié des frais de sauvetage jusqu’à concurrence de 5000 francs par an de frais de transport, mais uniquement sur le sol suisse. L’assurance-accidents obligatoire, aux termes de la loi sur l’assurance-accidents (LAA), rembourse les frais de sauvetage et de dégagement ainsi que les frais de voyage et de transport nécessaires pour raisons médicales jusqu’à concurrence d’un cinquième montant maximum assurable, soit 29 640 francs. En cas de sauvetage, un assuré qui se trouve dans une situation d’extrême urgence – dont la vie et la santé sont en danger – sera dégagé. Sans extrême urgence, on parle de transport pour raisons médicales.

De même, les donateurs Rega ne sont pas forcément couverts pour les frais de sauvetage. « Les donateurs Rega n’ont pas automatiquement droit à des vols de sauvetage », précise Felix Schneuwly, expert Assurance maladie chez Comparis. Ils ne peuvent en effet se prévaloir d’aucun droit, c’est-à-dire que la Rega n’est pas tenue de leur venir en aide, puisqu’il ne s’agit pas d’une assurance. Elle peut cependant renoncer aux frais de rapatriement si l’assurance du donateur ne devait suffire.

Vous trouverez plus d’informations au sujet du remboursement des frais d’ambulance et d’hélicoptère de sauvetage ici.

Conclusion

Les conséquences financières d’un accident de ski à l’étranger peuvent rapidement atteindre plusieurs milliers voire plusieurs dizaines de milliers de francs. D’où l’importance d’examiner attentivement sa couverture d’assurance avant le départ. Selon les cas, une assurance complémentaire peut s’avérer utile. Cette complémentaire devrait prendre en charge l’ensemble des frais de traitement et de rapatriement vers la Suisse en cas de maladie ou d’accident grave. Dans la plupart des cas, l’assurance voyage ou l’assurance complémentaire comprend également la couverture des bagages et des frais d’annulation. Bien sûr, mieux vaut ne pas en avoir besoin, mais quand cela arrive, on est content de l’avoir !