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Questions-réponses sur le vaccin contre le coronavirus

12.01.2021

Photo : iStock.com / simon2579

Plusieurs vaccins contre le SARS-CoV-2 ont reçu l’autorisation d’être mis sur le marché suisse. Mais la vaccination est-elle sûre ? Comment le vaccin est-il distribué ? Les réponses de Comparis aux questions les plus pressantes.

Vous n’avez pas trouvé la réponse à votre question ? Écrivez-nous à l’adresse coronaimpfung@comparis.ch.

Puis-je me faire vacciner contre la COVID-19 ?

La COVID-19 est une maladie provoquée par l’agent pathogène Sars-CoV-2. La vaccination cible le virus et non la maladie. Le 19 décembre, Swissmedic a autorisé la mise sur le marché du vaccin de Biontech/Pfizer. La Suisse en a précommandé trois millions de doses. Dans un premier temps, le fabricant ne peut toutefois en livrer qu’un lot d’environ 100 000. Certains cantons ont commencé à vacciner le 23 décembre. À l’échelon national, la campagne de vaccination a démarré le 4 janvier 2021.

D’après les recommandations vaccinales de la Confédération, toutes les personnes de 16 ans et plus peuvent se faire vacciner. Pour une protection optimale, il est nécessaire d’administrer deux doses du vaccin, en observant un intervalle de trois semaines entre les deux injections. Selon Swissmedic, le taux de protection chez l’adulte avoisine 90 % sept jours après l’injection de la seconde dose. Autrement dit, 9 personnes vaccinées sur 10 ne développent aucun symptôme un mois après le début de la vaccination.

Quel est l’état actuel des recherches portant sur le Sars-CoV-2 ?

D’après l’OMS, 172 candidats vaccins sont en cours de développement. La plupart d’entre eux se trouvent encore en phase de développement préclinique. Aujourd’hui, on compte déjà 63 candidats vaccins soumis à des études cliniques réalisées sur l’être humain (état au 8 janvier 2021).

Biontech / Pfizer 

Le 9 novembre, le laboratoire allemand Biontech et son partenaire Pfizer ont fait savoir que leur vaccin était efficace à 90 %. Au cours d’une étude randomisée menée ces dernières semaines, ce vaccin a été testé sur environ 43 500 personnes, dont la moitié se sont vu administrer un placebo. Dans le groupe test, 94 personnes – dont la plupart avaient reçu le placebo – ont été infectées par la COVID-19, comme le rapporte le protocole de l’étude. Le vaccin BNT162b2 est un vaccin à ARNm (voir ci-dessous). Il doit être conservé à ­70°degrés Celsius, ce qui implique des contraintes très strictes dans la chaîne de livraison. Le 19 décembre l’autorité suisse du médicament Swissmedic a autorisé la mise sur le marché de ce vaccin. Il sera stocké par la pharmacie de l’armée avant d’être distribué aux cantons. Une dose de ce vaccin coûte environ 20 dollars. 

Moderna 

Le 16 novembre, la firme Moderna a publié les résultats préliminaires de son vaccin mRNA-1273, efficace à 94,5 %. Le groupe test de ce vaccin se compose de 30 000 personnes. Là aussi, la moitié des volontaires se sont vu administrer un placebo. En tout, 95 participants sont tombés malades. Parmi eux, seuls 5 avaient reçu le vaccin. Le 13 novembre, Swissmedic a reçu une demande d’autorisation de mise sur le marché de la part de Moderna. La Suisse a réservé par contrat 4,5 millions de doses de ce vaccin. Le prix d’une dose de vaccin devrait se situer entre 15 et 25 dollars. Comme le vaccin mis au point par Biontech, il doit être conservé à des températures négatives durant la livraison. En revanche, il peut être conservé au réfrigérateur pendant quelques temps. Le 8 décembre, l’OFSP a fait savoir que la Suisse avait réservé 3 millions de doses supplémentaires, ce qui porte le nombre total de doses commandées à près de 7,5 millions.

Université d’Oxford / AstraZeneca 

Le 23 novembre, le groupe pharmaceutique suédo-britannique AstraZeneca était le troisième à présenter les résultats des essais cliniques de son vaccin ChAdOx1 (aussi désigné AZD1222), développé conjointement avec l’Université d’Oxford, réalisés sur des êtres humains. Avec un taux d’efficacité de 70 %, il est moins performant que les vaccins à ARNm développés par ses concurrents. Mais il présente des avantages non négligeables : son coût, d’une part, qui devrait se situer autour de 2,50 dollars par dose, et sa facilité de stockage, d’autre part. Ce vaccin n’ayant pas besoin d’être conservé à des températures extrêmes, cela le rend, une fois encore, moins onéreux. Ainsi, ce dernier est mieux adapté aux pays où les infrastructures sont moins bien développées et les temps d’acheminement conséquents. Début octobre, AstraZeneca a déposé une demande d’autorisation de mise sur le marché en Suisse. La Suisse s’est assurée par contrat jusqu’à 5,3 millions de doses de ce vaccin. 

Janssen-Cilag

L’entreprise allemande Janssen-Cilag, propriété du groupe de santé Johnson & Johnson, a déposé la quatrième demande d’autorisation de mise sur le marché à Swissmedic pour son vaccin à vecteur. Quasiment au même moment, elle sollicitait aussi l’autorisation de l’Europe et du Canada. Le candidat vaccin Ad26.COV2.S pourrait avoir l’avantage d’être efficace dès la première injection. Les autres candidats vaccins, en revanche, nécessitent deux injections à plusieurs semaines d’intervalle. Janssen-Cilag n’a pas encore publié de données sur l’efficacité de son vaccin. 

FabricantVaccinAutorisation à l’internationalAutorisation en Suisse
Biontech / PfizerBNT162b2

2.12.20 Grande-Bretagne
9.12.20 Canada
11.12.20 États-Unis

19.12.2020
ModernamRNA-127318.12.20 États-Unis
6.1.21 UE
12.1.2021
Univ. d’Oxford / AstraZenecaChAdOx1 (aussi désigné AZD1222)DemandéeDemandée
 Janssen-CilagAd26.COV2.SDemandéeDemandée

La page Infovac, bien documentée, donne une bonne vue d’ensemble sur l’état de la recherche.

Combien coûtera le vaccin contre le coronavirus ?

Le Conseil fédéral n’envisage pas de rendre obligatoire le vaccin. Il a décidé que son coût serait pris en charge par les caisses maladie au titre de l’assurance de base. Conformément à la loi sur les épidémies, les coûts non couverts par l’assurance maladie seront supportés par la Confédération et les cantons. Ainsi, la vaccination est financée collectivement par les primes d’assurance maladie et les impôts.

Comment les vaccins sont-ils distribués ?

Le 17 décembre, la Commission fédérale pour les vaccinations (CFV) et l’OFSP ont publié leur stratégie de vaccination pour la Suisse. Les personnes vulnérables, c’est-à-dire les personnes âgées et celles atteintes d’une maladie préexistante, devront être vaccinées en premier. L’ordre de priorité prévu est le suivant : 

  1. Personnes vulnérables (sans les femmes enceintes)
  2. Personnel de santé en contact avec des patients et personnel d’encadrement des personnes vulnérables
  3. Adultes en contact étroit avec des personnes vulnérables (adultes membres du même ménage)
  4. Personnes vivant dans des structures communautaires qui présentent un risque accru d’infections et de flambées (p. ex. institutions pour personnes handicapées) et leur personnel
  5. Tous les autres adultes qui souhaitent se faire vacciner

Le vaccin contre la COVID-19 a pour principal objectif de protéger les personnes vulnérables et, ce faisant, de réduire le nombre de cas graves et de décès. Il sera ainsi possible de décharger le système de santé.

Peut-on faire confiance à des vaccins mis au point si rapidement ?

Jusqu’à présent, le record mondial était détenu par le vaccin contre le virus Ebola, autorisé aux États-Unis en 2019 et mis au point en près de quatre ans. Moins d’un an après l’apparition de la COVID-19, Swissmedic a autorisé les premiers vaccins contre le virus sans pour autant revoir à la baisse ses exigences envers la recherche.

Il faut commencer par noter que les chercheurs suivaient la piste du vaccin à ARNm avant l’apparition du coronavirus. Ils ne sont donc pas partis de zéro. Ensuite, la recherche a été accélérée. Au fil du temps, de nombreux fabricants ont rejoint à la course sans baisser leurs exigences en matière d’efficacité et de sécurité du vaccin. Les différentes phases de l’étude impliquant des êtres humains ont parfois été conduites en parallèle. Étant donné que de nombreuses personnes contractent le coronavirus dans le monde, les fabricants n’ont pas eu le moindre mal à trouver rapidement des volontaires – plus que nécessaire – pour tester le vaccin.

Swissmedic n’ayant pas raccourci sa procédure d’autorisation pour les vaccins contre le coronavirus, ces derniers sont aussi sûrs que tout autre vaccin. Et comme les effets secondaires indésirables des vaccins apparaissent aussitôt, des effets négatifs à long terme sont peu probables. Les personnes allergiques à certains excipients peuvent développer des complications. Vu les normes de sécurité appliquées à la production, au transport et à la vaccination, le risque qu’un vaccin soit souillé ou que l’hygiène soit mise à mal au moment de l’administration du vaccin est très faible. Depuis décembre 2020, plusieurs millions de personnes se sont fait vacciner dans le monde sans incident majeur. Ajoutée à l’examen strict mené par Swissmedic en vue de son autorisation, cette observation plaide en faveur du vaccin.

Quels sont les effets secondaires de la vaccination ?

Les dizaines de milliers de personnes auxquelles le vaccin a été administré au cours de la phase 3 n’ont développé que des effets secondaires légers. Il ressort des protocoles que les troubles habituels suivant le vaccin contre la grippe peuvent survenir, à savoir nausée, fatigue, douleurs articulaires et rougeur à l’endroit de la piqûre. D’après l’agence américaine du médicament (FDA), les effets secondaires apparaissent surtout après l’injection de la seconde dose. De très rares cas de réactions allergiques ont été signalés. La seconde dose n’a alors pas été administrée.

Peut-on m’obliger à me faire vacciner ?

Non. La nouvelle loi sur les épidémies ne constitue pas non plus une base juridique pour une vaccination obligatoire. Certes, la Confédération et les cantons sont autorisés à imposer des obligations de vaccination en cas de danger important pour des groupes d’individus clairement définis, par exemple les enfants, les personnes âgées ou les membres du personnel de services de néonatalogie. Mais même avec une telle obligation de vaccination, personne ne peut être contraint de se faire vacciner. À noter cependant qu’une obligation donne aux employeurs la base juridique nécessaire à un licenciement si un collaborateur ou une collaboratrice refuse de se faire vacciner.

La loi sur la COVID-19 actuellement en discussion au Parlement n’est pas consacrée à la vaccination, mais entend transposer les mesures de droit d’urgence du Conseil fédéral dans le droit ordinaire. Elle se focalise dans une large mesure sur des questions économiques.

Dois-je me faire vacciner contre la grippe ?

Comparis répond aux questions sur le traditionnel vaccin contre la grippe.

Comment fonctionne un vaccin ?

Les maladies ne sont pas uniquement causées par des virus, mais également par des bactéries, voire des parasites. La prise ou l’injection d’un vaccin alerte les globules sanguins spécialisés en l’espace de quelques heures. La réponse immunitaire dépend principalement des globules blancs. Ceux-ci sont tous importants, mais le rôle le plus actif est joué par les lymphocytes B et T.

Première contre-attaque

Les lymphocytes T se développent dans le thymus, une glande située derrière le sternum. Ils ont pour rôle la détection des cellules du corps et leur destruction. De plus, ils émettent des messagers afin de commander d’autres réactions du système immunitaire. D’une part, ils font appel à des macrophages qui suppriment les intrus et d’autre part, ils jouent un rôle prépondérant dans la gestion des lymphocytes B.

Deuxième contre-attaque

Les lymphocytes B se forment dans la moelle osseuse. Lorsqu’ils entrent en contact avec un agent pathogène (antigène), ils se transforment en cellules plasmatiques et produisent des anticorps (immunoglobulines). Ces cellules plasmatiques spécialisées peuvent libérer des anticorps en grand nombre après environ deux à trois semaines. Ces anticorps se lient spécifiquement à l’agent pathogène et le neutralisent afin qu’il ne puisse plus pénétrer dans les cellules. Une fois formés, les anticorps subsistent dans le corps en tant que cellules mémoires et, même des années plus tard, ils sont bien souvent toujours aptes à réagir rapidement et efficacement si l’agent pathogène se réintroduit dans le corps, qui est ainsi immunisé contre l’agent pathogène.

Pour que le système immunitaire puisse produire des lymphocytes B et T adaptés, il doit apprendre à reconnaître les caractéristiques d’un agent pathogène en particulier. Il s’agit souvent de protéines spécifiques rencontrées sur la surface du germe. Dans le cas du Sars-CoV-2, il s’agit des cônes typiques présents autour du virus. C’est précisément ces éléments caractéristiques qui sont intégrés dans un vaccin sous une forme bénigne.

Reconnaissance des intrus

Si les lymphocytes B et T ont résisté à une intrusion, elles conservent quelques cellules mémoires. Si le même pathogène pénètre à nouveau dans l’organisme, le système immunitaire peut produire les cellules adaptées, rapidement et en grand nombre. Les germes sont alors détruits si rapidement qu’ils ne peuvent pas déclencher la maladie. Le corps est immunisé contre l’agent pathogène et l’individu porteur ne peut pas transmettre la maladie à d’autres individus.

Le vaccin permet donc au système immunitaire de se prémunir contre une nouvelle infection au même agent pathogène en produisant rapidement de grandes quantités d’anticorps adaptés. La vaccination est donc plus ou moins au système immunitaire ce que le sparring est à la boxe : un entraînement réaliste d’attaque et de défense, sans risquer un œil au beurre noir voire un knock-out.

Quels sont les différents types de vaccins ?

Dans le cas des vaccins vivants, on administre l’agent pathogène responsable de la multiplication. La différence avec une vraie infection réside dans l’atténuation du germe. L’agent pathogène est modifié de telle sorte qu’il se reproduise moins rapidement ou qu’il soit moins agressif. Le système immunitaire gagne ainsi du temps pour lutter contre l’intrusion. Les vaccins vivants sont très efficaces et favorisent une immunité à long terme. Il est rare que plus de deux doses de vaccin soient nécessaires. Seuls inconvénients : les individus dont le système immunitaire est affaibli ne peuvent pas être traités avec des vaccins vivants, et le développement de ces vaccins est relativement fastidieux.

Le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) est un exemple de vaccin vivant.

Les vaccins tués (ou vaccins inactivés) contiennent la version morte de l’agent pathogène, qui ne peut plus se reproduire. La mise au point de ces vaccins est plus simple et leur utilisation déclenche moins d’effets secondaires. Les individus dont le système immunitaire est affaibli peuvent être traités avec des vaccins inactivés. L’inconvénient des vaccins inactivés réside dans le fait que la réaction immunitaire est nettement plus faible. Il est donc nécessaire d’injecter plusieurs doses de vaccin ou de procéder à des rappels après quelques années.

Le vaccin contre la poliomyélite est un exemple de vaccin inactivé. Le vaccin contre la méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE), transmise par les tiques, est également inactivé.

Les vaccins purifiés, quant à eux, ne contiennent que des fragments d’agents pathogènes. Ils peuvent stimuler le système immunitaire de manière ciblée et sont bien tolérés. Toutefois, la réponse immunitaire est moins forte et il est donc souvent nécessaire de se faire vacciner plusieurs fois.

Parmi les vaccins purifiés, on trouve celui contre le tétanos, la coqueluche ou la grippe saisonnière.

Les vaccins à vecteur viral sont relativement nouveaux : une protéine de surface ou le matériel génétique de l’agent pathogène est injecté dans un virus ou une bactérie inoffensif. Ainsi, les caractéristiques de l’agent pathogène circulent par le corps sur un autre agent pathogène et déclenchent alors une réaction immunitaire.

Ces dernières années, les vaccins à vecteur viral ont été très efficaces dans la lutte contre Ebola et contre certains types de cancer.

Les vaccins à ARNm et à ADN sont en revanche entièrement nouveaux. L’ARNm, ou ADN, contient des « instructions de montage » relatives à une partie du virus. Les fragments sont injectés dans l’organisme dans de petites gouttes d’huile microscopiques. Grâce ces instructions, le corps produit lui-même les composants de l’agent pathogène pour lesquels le système immunitaire doit être entraîné.

Il faut noter que les substances contenues dans les vaccins à ARNm et à ADN n’ont pas reçu d’autorisation à l’heure actuelle. Pour la première fois, des études cliniques sur leur efficacité sont menées à grande échelle. Contrairement aux méthodes traditionnelles, ces nouveaux vaccins n’ont fait l’objet d’aucun examen à long terme. Les vaccins à ADN et ARNm sont une nouveauté et sont observés de très près.

Y a-t-il vraiment de l’aluminium dans les vaccins ?

Certains vaccins contiennent des sels d’aluminium, mais pas les nouveaux vaccins à ARNm, ni le vaccin d’AstraZenena. Les vaccins vivants atténués sont eux aussi exempts de sels d’aluminium. D’autres vaccins sont complétés par des excipients appelés adjuvants, à savoir de l’hydroxyde d’aluminium, du phosphate d’aluminium et/ou du sulfate de potassium et d’aluminium. Les excipients ont deux tâches : celle de fixer l’antigène (l’intrus dans le corps) au niveau du point d’injection dans les tissus musculaires, et celle, comme le font les sels d’aluminium, d’attirer des cellules du système immunitaire. Cela renforce la réaction du corps et améliore ainsi l’efficacité du vaccin.

Les vaccins comprennent entre 0,125 et 0,82 milligrammes (à titre de comparaison, un grain de sable pèse 0,2 milligramme) d’aluminium par dose. Il faut savoir également que nous avalons chaque jour environ 8 milligrammes d’aluminium et de sel d’aluminium en mangeant. La majeure partie de ces substances sont rapidement éliminées du corps.

Quand un vaccin peut-il être mis sur le marché ?

Les nouveaux vaccins sont soumis à de nombreux tests avant d’être mis sur le marché. Dans un premier temps, les candidats vaccins sont testés sur des rongeurs à l’occasion d’études précliniques, puis sur des singes. Ces expériences ont pour objectif de déterminer si le vaccin est inoffensif pour ces animaux et dans quelle mesure ces derniers réagissent à différentes doses de vaccin.

Les résultats obtenus permettent ensuite d’effectuer des essais cliniques sur des êtres humains. Ces essais comptent trois phases durant lesquelles le candidat vaccin est administré à un groupe d’individus de plus en plus nombreux.

Dans la première phase, le vaccin est injecté à des dizaines d’individus en bonne santé, souvent jeunes. L’objectif est de trouver la meilleure dose de principe actif, et bien entendu de détecter les effets secondaires assez tôt.

Dans la deuxième phase, le vaccin est administré de plusieurs centaines à quelques milliers d’individus. Les sujets sont observés pendant plusieurs mois afin de mieux comprendre la réponse immunitaire. La deuxième phase sert aussi à déterminer le nombre de vaccins nécessaires. Les effets secondaires les plus fréquents sont identifiés même s’ils sont faibles.

La troisième phase est un test pratique. Des dizaines de milliers à quelques centaines de milliers d’individus sont vaccinés. À ce stade, on sait de façon claire si le vaccin agit effectivement sur les sujets et comment. La maladie est-elle vraiment moins fréquente chez les personnes vaccinées ? Le vaccin peut-il ne fonctionner que sur une partie du groupe test ? L’immunité peut-elle ne durer que quelques semaines ? Des effets secondaires rares sont également à noter.

Si tout se passe bien au cours de la troisième phase, le vaccin obtient l’autorisation des autorités. Aux États-Unis, il s’agit de la Food and Drug Administration (FDA), en Europe, de l’Agence européenne des médicaments (EMA), et en Suisse de Swissmedic. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) surveille les vaccins diffusés à l’échelle mondiale. Fabricants et laboratoires font l’objet d’un contrôle rigoureux. L’autorisation n’est d’ailleurs pas délivrée une fois pour toutes : chaque nouveau lot de vaccins est contrôlé afin d’assurer sa qualité.

Une quatrième phase débute après le lancement d’un nouveau vaccin. Aujourd’hui, des millions de personnes sont vaccinées et il est rare que des effets secondaires et des conséquences négatives à long terme soient détectés.

Y a-t-il des différences entre le vaccin contre le Sars-CoV-2 et les vaccins précédents ?

Oui, très clairement. Du développement à la mise sur le marché d’un nouveau vaccin, dix à vingt ans s’écoulent en moyenne, voire plus encore. Déjà dans le cadre de l’épidémie d’Ebola, compte tenu de l’agressivité du virus, le rythme des recherches était bien plus soutenu. Après 18 mois seulement, des vaccins contre Ebola ont été distribués dans les foyers épidémiques d’Afrique.

Dans le cas du nouveau coronavirus, les experts s’attendent à des délais similaires. Il existe un point sur lequel ils s’accordent : si les trois phases sont réalisées rigoureusement jusqu’à l’autorisation, 12 mois seront insuffisants. Autre nouveauté : le développement des nouveaux vaccins à ARNm et à ADN. Par exemple, la Suisse a réservé 4,5 millions de doses de ce type de vaccin à ARNm au fabricant américain Moderna.

Est-ce possible d’être infecté·e plusieurs fois au coronavirus ?

Une infection à un agent pathogène peut engendrer une protection immunitaire qui persiste toute une vie. Pour certaines maladies, l’immunité disparait au bout d’un certain temps. Selon l’agent pathogène et la gravité de la maladie, cette disparition peut prendre des semaines, des mois, des années ou des décennies.

Le premier virus du SARS, apparu en Asie en 2003, donne des repères à ce sujet. Les chercheurs ont en effet pu prouver l’immunité des personnes gravement infectées 12 ans plus tard. Toutefois, dans le cas du Sars-CoV-2, aucun anticorps n’a pu être trouvé au bout de quelques semaines chez certaines personnes ne présentant pas de symptômes graves, ce qui suggère que l’efficacité d’un vaccin pourrait être très limitée dans le temps. Des scientifiques du monde entier cherchent à savoir si une infection à Sars-CoV-2 en empêche une autre et, si oui, pour combien de temps.

Un autre danger réside dans les mutations du Sars-CoV-2. Mi-septembre, cinq cas de personnes à nouveau contaminées par le coronavirus ont bien été documentés. Ces cas ont permis de comparer les génomes du virus. Des chercheurs ont constaté qu’il s’agissait de différentes souches du virus.

La probabilité que deux souches de virus se propagent simultanément est probablement faible au niveau régional, lorsque le nombre d’infections est relativement faible. Mais plus le Sars-CoV-2 circule longtemps, plus la probabilité que plusieurs souches coexistent augmente.

Existe-t-il des alternatives au vaccin ?

Non, mais il est possible de gagner du temps. Le vaccin contre le Sars-CoV-2 n’est pas le seul à faire l’objet de recherches. Des médicaments et thérapies atténuant les effets de la COVID-19 sont également en cours de développement. Des remèdes efficaces peuvent permettre de gagner du temps jusqu’à l’arrivée des vaccins ou ouvrir la voie à une immunité collective, et empêcher que des millions de personnes ne décèdent pendant la pandémie.

Les médicaments déjà autorisés contre d’autres maladies ou en cours de développement sont particulièrement intéressants, car il peut être plus rapide de les « transformer » que de mettre au point de nouveaux médicaments. Il s’agit des médicaments prescrits dans le cadre de maladies pulmonaires, mais aussi des antiviraux conçus à l’origine pour lutter contre la grippe, Ebola ou l’hépatite C et pour bloquer les virus ou empêcher leur multiplication.

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