E-mobilité

Les Suisses souhaitent que l’État encourage l’e-mobilité

ÉTUDES
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Voiture électrique Photo : iStockphotos

Les Suisses sont en mode futuriste en ce qui concerne la mobilité. Ils estiment que les particules fines, les oxydes d’azote et le CO2 doivent être retirés de la circulation – à leur avis, les voitures électriques peuvent apporter une contribution décisive à la réduction de la pollution.

Une personne sur deux demande que la Confédération et les cantons encouragent de manière ciblée la mobilité électrique afin que les moteurs propres puissent s’imposer rapidement. Une personne sur quatre estime qu’un encouragement devrait au moins être examiné et seulement 10 % pensent que l’État ne devrait pas intervenir dans ce domaine.

«La population semble voir dans la mobilité électrique une chance pour un air plus sain. Il est donc impératif de mettre en place sans plus tarder l’infrastructure de recharge nécessaire. La Confédération, les cantons et les villes doivent veiller avec les importateurs de voitures et l’industrie de l’électricité à ce que la mobilité électrique devienne possible au quotidien et sur l’ensemble du territoire, commente Harry H. Meier, expert Automobile. Et l’expert d’ajouter : «Le réseau de bornes de recharge existant est certes l’un des plus développés d’Europe – mais il est organisé de manière purement privée. Cela explique pourquoi la coordination est insuffisante et le réseau de borne de recharge d’électricité pas suffisamment dense.

Les Suisses achèteraient des voitures électriques

Les intentions d’achat des participants au sondage montrent que la mobilité électrique propre pourrait bientôt s’imposer au quotidien. Une personne sur deux se dit disposée à acheter une voiture électrique. Si elles avaient le choix, 16% des personnes interrogées déciderait dès aujourd’hui d’acheter une voiture électrique. Un tiers d’entre elles indique être «plutôt favorable à un tel achat.

De l’autre côté, la portée constitue un frein pour près de 90% des personnes interrogées et l’absence d’infrastructure de recharge est un obstacle pour environ 80% d’entre elles. Le prix d'achat n’occupe qu’une place secondaire. L’expert Automobile Harry H. Meier précise : «Les craintes liées à la portée trop restreinte appartiendront bientôt au passé. On trouve déjà des modèles qui peuvent parcourir plus de 300 kilomètres avec une charge dans des conditions réalistes et les modèles qui sortiront l’année prochaine pourront même couvrir 400 kilomètre, voire plus. Le prix tend également à rejoindre celui des voitures traditionnelles.

Le diesel n’est pas le bienvenu au Tessin et en Suisse romande

Les Suisses ne veulent plus accepter que l’air soit pollué par les gaz d’échappement des moteurs diesel. La moitié d’entre eux pensent que l’interdiction du diesel contribuerait à améliorer la qualité de l’air. De quoi alimenter le débat politique sur les zones environnementales dans les villes suisses et l’interdiction des véhicules diesel à l’importation. Après l’annonce des premières villes allemandes à interdire les voitures diesel, on a enregistré deux interventions allant dans ce sens pour la session d’été parlementaire. Le terrain est propice à une interdiction du diesel, comme l’indiquent les résultats de l’enquête : 31% des participants revendiquent une interdiction généralisée des moteurs diesel. Près d’une personne sur cinq exige une telle interdiction au moins les jours de pic de pollution. Résultat intéressant : en Suisse romande et au Tessin (resp. 41%) les gens sont nettement plus nombreux qu’en Suisse alémanique (27 %) à souhaiter le retrait des moteurs diesel de nos routes. Pour l’expert Automobile Harry Meier, ces différences régionales ne sont pas surprenantes : «Le Tessin et la Suisse romande ont des frontières communes avec l’Italie et la France, deux pays où la densité des véhicules diesel est historiquement très élevée. Dans ces régions, des dizaines de milliers de frontaliers entrent chaque jour en Suisse avec des véhicules diesel parfois dépassés. Aujourd’hui encore, ils laissent dans leur sillage de la suie et de l’air pollué dont la population concernée souffre. Comme en témoigne l'actuel débat sur la forte densité des particules fines à Mendrisiotto, le problème reste d'actualité et suscite régulièrement débat.

Les défauts du diesel profitent à la mobilité électrique

On observe de premiers signes d’un tournant en matière de mobilité dans les statistiques de vente officielles de l’industrie automobile Auto Suisse : les ventes de voitures électriques pures ont augmenté de plus de 30% entre janvier et mai 2017. Dans le même temps, les ventes de diesel ont continué de décliner. Durant les cinq premiers mois de l’année, la demande de véhicules diesel s’est littéralement effondrée et accuse un recul de près de 5%.

La Suisse suit donc la tendance : en Allemagne et dans la plupart des pays d’Europe, les ventes de véhicules diesel ont fortement reculé durant les cinq premiers mois de l’année. En Allemagne, elles ont connu un repli abrupt de 6,8%, alors que la part du diesel aux véhicules neufs était déjà tombée au plus bas l’année dernière.

H. Meier : «Les inconvénients du diesel renforceront la tendance à la mobilité électrique. En effet, plus la part des véhicules diesel aux nouvelles immatriculations sera faible, plus il deviendra difficile pour l’industrie automobile de respecter les prescriptions toujours plus sévères concernant les émission de CO2. Bien que les voitures diesel émettent davantage de dioxyde d’azote néfastes pour la santé que celles à essence, elles étaient, par le passé, très prisées par les acheteurs de voitures en raison de leur faible consommation de carburant et appréciées de l’industrie automobile en raison de leurs faibles émissions de dioxyde de carbone. L’expert Automobile Harry H. Meier précise : «Je ne serais pas surpris que l’industrie automobile fasse véritablement boomer la mobilité électrique ces deux à trois prochaines années. Car ce n’est qu’à cette condition qu’elle pourra respecter les valeurs limites fixées pour les émissions de CO2 et éviter les pénalités coûteuses à l’ère post-diesel.