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Les femmes requièrent un crédit en cas de nécessité, les hommes pour une voiture

ANALYSES
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Un crédit pour rembourser ses dettes : les jeunes femmes sont particulièrement touchées Photo : iStock.com / Geber86

Pour les femmes, une séparation, un divorce ou le veuvage constituent des risques majeurs d’endettement. Certes, elles contractent nettement moins fréquemment un crédit à la consommation que la gent masculine. Mais le cas échéant, elles sautent plus souvent le pas en cas d’extrême nécessité. Les hommes, pour leur part, requièrent plus souvent un crédit pour une voiture. Voilà ce que révèle notre analyse de plus de 30 000 demandes de crédit.

 

En matière d'endettement, les femmes sont bien plus réservées que les hommes. En effet, elles ne présentent que 28 % des demandes de crédit déposées auprès de Credaris, le service partenaire de Comparis. C’est ce qu’il ressort d’une récente analyse de plus de 30 000 demandes de crédit. Toutefois, les femmes à la recherche d’un crédit sautent nettement plus souvent le pas que les hommes en raison d’extrême nécessité : dans une réelle mauvaise passe financière, elles demandent près de deux fois plus souvent un crédit que les hommes. 

Les femmes requièrent davantage un crédit pour des factures en cours et des dettes

Les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à demander un crédit pour régler des factures en cours. En effet, 7,6 % des demandes de crédit féminines sont destinées à cette fin (contre 3,9 % des demandes masculines). Chez les femmes, le motif « factures en cours » est indiqué deux fois plus fréquemment pour un crédit à l’âge de la retraite que chez les plus jeunes. Une demande de crédit sur sept posée par une femme de plus de 64 ans tombe dans cette catégorie. 

Autre résultat de notre analyse : le remboursement de dettes en cours pose également bien plus de problèmes aux femmes qu’aux hommes. Elles contractent d’ailleurs deux fois plus souvent que les hommes un crédit pour honorer des dettes. Par exemple, pour rembourser un prêt privé. Sont particulièrement touchées les jeunes femmes de moins de 24 ans et les femmes plus âgées entre 60 et 64 ans. 

« La situation financière est souvent plus fragile chez les femmes que chez les hommes. Elles travaillent davantage à temps partiel que les hommes et font face à une perte de revenus en prenant un congé maternité », explique Dominik Weber, expert Banque chez Comparis. « En cas de séparation, de divorce ou de veuvage principalement, les femmes perdent une partie substantielle du revenu du ménage. Une situation qui peut engendrer des difficultés financières », précise D. Weber. Notre analyse de données montre par ailleurs que une femme sur cinq qui demande un crédit est soit séparée, soit divorcée ou veuve (contre à peine un homme sur dix). 

Selon D. Weber, les banques estiment généralement la solvabilité des femmes plus faible pour que celle des hommes. Et d'avancer que les établissements prêteurs refusent davantage les demandes de femmes par crainte de défauts de crédit. À un âge plus avancé, les femmes doivent encore faire face à une autre difficulté : « Généralement, les banques refusent les demandes de crédit provenant de personnes à l’âge de la retraite », déclare D. Weber. 

Crédits auto et placements pour les hommes 

Chez les hommes, c'est le luxe plus que l’extrême nécessité qui est déterminant dans la prise d’un crédit. Ils sont en effet bien plus nombreux que les femmes à contracter un crédit pour financer un véhicule. La demande est particulièrement forte chez les moins de 25 ans. 

Par ailleurs, les hommes demandent en moyenne 4,4 % plus souvent un crédit pour des placements. « Fin 2017, les demandes de crédit de la part des hommes pour l'achat de bitcoins ont bondi », note D. Weber. Mais selon l’expert Banque, les établissements prêteurs voient ce type d’endettement d’un mauvais œil. « La valorisation de placements, dans les bitcoins par exemple, est soumise à de fortes fluctuations. Le risque de perte est donc considérable », explique D. Weber. « Dans le pire des cas, l’argent a disparu, mais il faut toujours rembourser le crédit. Cela peut impacter le budget durant des années. » 

Les hommes demandent moins souvent un crédit pour se former 

En revanche, ils financent bien moins souvent leur formation initiale ou continue au moyen d’un crédit : seulement 4,3 % des hommes jeunes, de moins de 24 ans, demandent un crédit à cette fin. La part des femmes représente, elle, plus du double, soit 8,9 %. 

Des crédits plus élevés pour les hommes

Les données que nous avons collectées révèlent non seulement des différences dans le motif mais également dans le montant des crédits. Les hommes, par exemple, contractent généralement des prêts plus élevés que les femmes. Dans la tranche d'âge 30-34 ans, où la demande en crédits est la plus élevée chez les hommes, le montant moyen s’élève à 24 433 francs (chez les femmes : 19 481 francs). 

Les femmes, quant à elles, demandent le plus souvent un crédit entre 25 et 29 ans. Là encore, le montant demandé est en moyenne bien plus élevé chez les hommes (21 613 francs) que chez les femmes (17 091 francs). 

Selon l'expert Banque D. Weber, ce fait s’explique par une proportion plus grande de financements de véhicules chez les hommes. Le montant du crédit est alors significativement plus élevé que pour d’autres motifs.