« Les nouveaux clients devront s’attendre à des taux négatifs dès le premier franc »

Estimation de Comparis sur l’évolution des taux 2020


La spirale infernale des taux négatifs perdure. Selon Comparis, les taux hypothécaires se maintiendront dans la zone des plus bas record. Cette situation profite avant tout aux personnes prenant une hypothèque. Frédéric Papp, expert Argent chez Comparis, met en garde : « Les premières banques suisses pourraient toutefois introduire des taux d’intérêt négatifs pour les nouveaux clients dès le premier franc en 2020. »

Zurich, le 10 décembre 2019 – Voilà cinq ans que la Banque nationale suisse (BNS) fait passer à la caisse les établissements bancaires de notre pays. En effet, ces derniers paient un taux négatif de 0,75 % sur les comptes courants dépassant un certain montant. Les banques, elles, répercutent de plus en plus cette « pénalité » sur les clients qui présentent des liquidités élevées.

« La fin du régime des taux négatifs à l’horizon 2020 n’est pas en vue, ni d’ailleurs pour les années qui suivent », commente Frédéric Papp, expert Argent chez Comparis, qui présume que le ciel s’assombrira encore pour les épargnants.

Placer son argent ou payer des intérêts

« En plus des frais de gestion de compte, les banques pourraient appliquer des taux négatifs aux avoirs des nouveaux clients et ce, dès le premier franc », alerte F. Papp, qui ajoute que les banques érigent ainsi un mur contre l’épargne non exploitée des nouveaux clients, tout en privant les clients existants d’une chance de liquider leurs comptes épargne.

À l’heure actuelle, les taux négatifs ne sont généralement appliqués aux avoirs en compte qu’à partir d’un seuil de plusieurs centaines de milliers de francs. La Banque Alternative Suisse (BAS) fait ici exception. F. Papp en est convaincu : « Plus les taux négatifs perdureront, plus la politique monétaire des banques sera expansive et plus les banques seront sous pression pour imputer les taux négatifs à une clientèle plus large ».

Selon l’expert Argent, les banques pousseront les nouveaux clients à faire un choix : « Les personnes qui investissent un certain montant dans des produits de la banque échapperont aux taux négatifs ; ceux qui souhaitent uniquement déposer de l’argent devront mettre la main à la poche. Aujourd’hui, cette pratique existe déjà dans le secteur bancaire, qui l’applique déjà aux clients privés fortunés. »

Les hypothèques toujours à faible coût

Les taux négatifs représentent une levée de fonds bon marché pour les banques. Des fonds que les établissements bancaires emploient pour l’octroi de crédits privés ou d’hypothèques, par exemple. Les prix d’appel pour une hypothèque à taux fixe sur dix ans s’élèvent actuellement à 1 % en moyenne, contre 3,5 % il y a encore dix ans.

F. Papp s’attend à ce que les taux hypothécaires se maintiennent à un niveau bas, toutes durées confondues. Les échéances plus longues (à partir de 10 ans) sont plus susceptibles de connaître des taux légèrement en hausse, comparées aux hypothèques Libor ou à taux fixe avec des échéances comprises entre 2 et 5 ans. « Toutefois, l’écart de taux entre une hypothèque sur cinq et sur dix ans est de 0,14 %* seulement en moyenne », précise F. Papp. L’expert Argent de Comparis conclut que les temps sont donc propices pour s’assurer des taux bas sur le long terme.

La pression qui s’exerce sur les marges des taux hypothécaires provient, en plus des taux négatifs, également des nouveaux concurrents : de plus en plus de caisses de pensions, assureurs, fonds d’investissements et autres plateformes de courtage en hypothèques se fraient un chemin sur ce marché.

La Banque nationale suisse face à un dilemme

Les taux négatifs imposés par la BNS laissent des traces marquées dans la prévoyance vieillesse et créent des bulles de prix des actifs sur les marchés des actions et de l’immobilier. Cette évolution est portée par la pénurie de placements : les épargnants cherchent désespérément à créer du rendement, quitte à prendre des risques accrus. Conséquence : des projets d’investissement obtiennent un financement, alors que dans des conditions de taux normales, ils n’auraient guère eu de chances de se réaliser. Relever les taux serait le remède adéquat. Cependant, la politique de taux de la BNS dépend en grande partie des mesures prises par la BCE.

La marge de manœuvre des gardiens monétaires, sous l’égide de la cheffe de la BCE Christine Lagarde, est restreinte pour relever les taux au cours des prochaines années. Cela nuit, certes, aux épargnants devant mettre de plus en plus d’argent de côté pour leur prévoyance mais, selon les économistes mainstream, les augmentations de taux accélèrent aussi le déclin économique de l’Europe – du moins des pays au sud de l’Union. Les coûts que représentent ce dernier scénario sont donc chiffrés plus haut que l’amorce d’un revirement des taux.

Selon F. Papp, plusieurs raisons plaident contre un revirement des taux dans un avenir proche, notamment les motifs suivants :

  • Les États européens, en partie très endettés, ne peuvent plus supporter le poids de taux croissants
  • Les taux d’inflation standard se maintiennent nettement sous la barre des 2 % en Europe comme en Suisse
  • Le conflit commercial latent entre les États-Unis et la Chine
  • Une retenue palpable des investisseurs en raison du Brexit
  • Une probabilité accrue quant à d’autres baisses de taux aux États-Unis

*État au 9 décembre 2019

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