La hausse des primes asphyxie près d'une famille sur deux

Enquête Comparis : forte hausse des primes 2018 redoutée dans l'assurance de base


Dans l'assurance de base, les assurés s'attendent à subir, en 2018 aussi, une forte hausse des primes de 5 % en moyenne, soit 270 francs, ce qui déséquilibrerait le budget de bon nombre de familles. Ils attribuent la responsabilité de cette évolution à l'industrie pharmaceutique – et aux assurés qui sollicitent des prestations de santé inconsidérément. Ce constat ressort d'une enquête exclusive réalisée par le comparateur sur Internet comparis.ch auprès de ses utilisateurs.

Zurich, le 15 août 2017 – La hausse effrénée des primes pèse surtout sur le budget des familles. 40 % des familles interrogées indiquent ne pas pouvoir faire face à une nouvelle hausse des primes. 20 % d'entre elles estiment ne pas pouvoir supporter plus de 10 francs supplémentaires par mois tandis que 13 % seulement pourraient boucler leur budget avec une charge de 20 francs en plus par mois.

Point surprenant, les célibataires jugent leur situation du même œil, même si la proportion des sondés estimant être en mesure de supporter une charge supplémentaire de 20 francs par mois se situe encore à un sur six.

 

Primes élevées et réductions de primes selon le principe de l'arrosoir

Pour les sondés, nul doute que la pression ne se relâchera pas en 2018. Plus de la moitié d'entre eux anticipent une hausse moyenne des primes de l'ordre de 5 %. Un tiers craint même qu'elle n'approche 6 % en moyenne. Si les primes devaient grimper de 5 % en 2018, il en résulterait une charge supplémentaire moyenne de 22,50 francs par mois, une hausse qu'environ 60 % des familles disent ne pas pouvoir assumer avec leur budget actuel.

 

Facteurs de coûts : industrie pharmaceutique et égoïsme des assurés

Selon les sondés, le coupable de la hausse ininterrompue des coûts est, en premier lieu, l'industrie pharmaceutique. 65 % d'entre eux sont convaincus que l'évolution défavorable des coûts dont ils ont à faire les frais revient essentiellement aux fabricants de médicaments. 63 % des personnes interrogées tiennent pour responsable les assurés qui font preuve d'égoïsme en sollicitant inconsidérément des prestations de santé. Pour 55 % des répondants, la responsabilité incombe aux médecins et aux hôpitaux. Un sondé sur cinq estime par ailleurs que la hausse des coûts est aussi une conséquence du progrès médical.

 

Les assurés veulent plus de génériques

Globalement, les primes des caisses maladie semblent avoir atteint le seuil de tolérance pour un grand nombre de personnes. 90 % des répondants se déclarent prêts à accepter un traitement basé exclusivement sur des génériques si, en contrepartie, cela leur permettait d'abaisser leurs primes. Interrogés sur le montant de la réduction, trois quarts des sondés jugent que celle-ci devrait correspondre à une baisse de 10 % à 30 % de la prime.

Pour Felix Schneuwly, expert Assurance maladie chez comparis.ch, il est clair que la plupart des assurés souhaite faire des économies : « L'assuré qui est prêt à payer davantage lui-même en cas de maladie et qui joue la carte de l'efficacité en choisissant le modèle Telmed, médecin de famille ou HMO, devrait, à l'avenir, se voir octroyer une remise plus importante sur ses primes. » Et d'ajouter : « Les assurés qui, à contrario, consultent plusieurs spécialistes pour des choses anodines ou qui souhaitent se rendre au service des urgences dans un hôpital pour une grippe devraient payer une prime nettement plus élevée. Or, l'action du conseiller fédéral A. Berset en est l'exact opposé. Il entend uniformiser les primes de tous les assurés, et ce à l'échelon national. Le Conseil fédéral et le Parlement devraient s’opposer à de telles mesures. »

 

Revoir les dépenses à la baisse et faire une demande de réduction de primes

Les assurés qui ne peuvent faire face à la hausse de prime dans l'assurance de base avec leur budget actuel vont devoir revenir sur l'organisation de leurs dépenses. Un sondé sur deux (51 %) indique qu'il supprimerait des dépenses inutiles. Près de 38 % d'entre eux feraient une demande de réduction de primes tandis qu'ils seraient 32 % à essayer d'abaisser leurs dépenses de santé en renonçant à des consultations qui ne sont pas urgentes.

Dans ce contexte, la réduction des primes est un dossier doté d'une dimension explosive sur le plan social et politique. De l'avis de Felix Schneuwly, expert Assurance maladie chez comparis.ch, les assurés en bénéficient bien trop rapidement : « Les réductions de primes sont encore attribuées selon le principe de l'arrosoir. Beaucoup trop d'assurés en bénéficient alors qu'ils n'en ont pas un besoin absolu au sens propre, bien entendu aux dépens de ceux qui sont réellement tributaires du soutien de l'Etat. »

Méthode et base de calcul

L'enquête a été réalisée au cours du mois de juillet 2017 auprès des utilisateurs du comparateur sur Internet comparis.ch. 700 personnes de toutes les régions de Suisse y ont participé. Cette enquête n'est pas représentative.

Selon les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), la prime moyenne 2017 en Suisse s'élève à 447,28 francs par mois. Une hausse de 5 % de la prime correspondrait à 270 francs par an.

 

 

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