Dieselgate : les Suisses ont perdu la foi dans les voitures diesel

Dieselgate : les Suisses ont perdu la foi dans les voitures diesel


  • Valeur à la revente : une personne sur deux craint que la valeur des véhicules diesel s’effondre
  • 50 % des répondants pensent que les véhicules diesel pourraient également être interdits en Suisse
  • L’intérêt pour les véhicules diesel a quasiment chuté de moitié (de 31,5 % à 17,4 %)
  • Plus de 60 % des Suisses en sont convaincus : « la tricherie sur les données d’émissions polluantes a lieu chez tous les fabricants »

Zurich, le 28 février 2017 – En automne 2015, le scandale des émissions polluantes, dit « dieselgate », a chamboulé l’industrie automobile, égratignant l’image « propre » qu’avait la voiture diesel jusqu’à lors – non sans conséquence. Longtemps, le moteur diesel avait le vent en poupe en Suisse, marquant des points chez les acheteurs pour sa faible consommation. Aujourd’hui, la tendance s’est sensiblement inversée : Monsieur et Madame Tout-Le-Monde ont perdu la foi en l'avenir des voitures diesel. En effet, seuls 4,2 % des personnes interrogées pensent que le diesel jouera un rôle majeur en 2030.

Le moteur diesel connaît une crise existentielle. Telle est la conclusion d’une enquête représentative sur les véhicules diesel, menée par comparis.ch en collaboration avec l’institut d’études de marché Innofact, mi-février 2017. Les conséquences réelles du dieselgate sur la confiance envers le moteur diesel sont palpables dans toute une série de positions critiques des répondants. Le taux de notoriété élevé du « scandale diesel » souligne l’importance du sujet : quasiment tous les répondants (90,50 %) disent avoir entendu parler de l'affaire des émissions polluantes truquées sur les voitures diesel.

Une personne sur deux pense que les véhicules diesel pourraient également être interdits en Suisse

Durant l’enquête, la nouvelle d’éventuelles interdictions de circuler pour les véhicules diesel est tombée en Allemagne. Le conseil municipal de Stuttgart a d’ores et déjà annoncé que, dès la fin de l'année, en cas de pic de pollution, elle interdirait d'accès au centre-ville toutes les voitures diesel non conformes à la dernière norme d’émission Euro 6 – c’est-à-dire, tous les véhicules construits avant 2015. Une décision qui, pour les pendulaires roulant en diesel, risque de signifier une forte dépréciation de leur véhicule. Il n’est donc guère surprenant que ce type d’interdiction inquiète aussi en Suisse – même s’il n’y existe pour le moment aucun projet concret allant dans ce sens.

À la question « Pensez-vous que les véhicules diesel pourraient également être interdits en Suisse ? », une personne sur deux (50,4 %) répond « plutôt probable » ou « très probable ». Fait marquant, c’est en Suisse romande, notamment, que les personnes interrogées comptent sur une éventuelle interdiction de circuler pour les véhicules diesel : plus de 60 % d’entre eux s’y attendent.

Avant et après : popularité des moteurs diesel divisée par deux

Depuis 2015, les mauvaises nouvelles à répétition sur le diesel écorchent la réputation de cette motorisation. Aujourd'hui, les répondants ne sont plus que 17 % à être « plutôt favorables » aux voitures diesel, contre 31,5 % avant le scandale. L’analyse de Harry H. Meier, expert Automobile chez comparis.ch : « Depuis l’éclatement du « dieselgate », les véhicules diesel sont en permanence sous les feux de la critique dans les médias. Dans ces conditions, il n’est guère surprenant que les automobilistes suisses soient eux aussi en proie à une forte incertitude ».

Cela dit, fin 2016, la part de marché des véhicules diesel n’a baissé que de 1,2 % par rapport à l’année précédente, comme l’indique l'association automobile suisse. H. Meier : « Une fois de plus, on observe à quel point la perception peut différer de la réalité. Quand il est effectivement question d’acheter une voiture, c’est le porte-monnaie qui pèse dans la décision. Sur ce point, le diesel l’emporte pour bon nombre d’automobilistes en raison de sa faible consommation ».

Les Suisses s’attendent à un mauvais prix de revente pour les véhicules diesel

Pourtant, un revirement de tendance est là aussi possible, comme le laissent penser les avis des sondés sur la valeur à la revente attendue. S’il voulait vendre une voiture diesel aujourd’hui, plus d’un répondant sur deux (51,6 %) aurait peur d’obtenir un prix plus bas qu'avant le scandale. Une peur qui n’est pas dénuée de tout fondement : un répondant sur trois (34,1 %) a déclaré être prêt à payer moins pour une voiture diesel après l’éclatement du scandale ; seulement 39,3 % seraient prêts à payer plus qu’avant pour ce genre de véhicule.

Interrogé précisément sur de possibles émissions truquées, la réponse est claire : deux personnes sur trois (62,4 %) sont convaincues que la tricherie sur les données d’émissions polluantes a lieu chez tous les fabricants.

 

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